OK, j’avoue, j’ai pris un peu de retard… rassurez vous (je dits « vous » au cas où quelqu’un d’autre que ma mère lit ce blog), je ne fais pas que du tourisme. La semaine du 01/09 au 07/09 a marqué le début de mon stage au sein de l’AMSSF/MC (association marocaine de solidarité sans frontières / Microcrédit). Après avoir galéré pour trouver le siège de l’association (l’adresse indiquée, « Quartier Prince Héritier », n’est connue de personne, sauf pour la poste. Il faut dire "Bourremana", pour que les gens puissent vous aider), je découvre enfin mon lieu de stage. Les locaux, situés dans un quartier résidentiel assez chic sont spatieux, biens équipés. Je ne m’attendais pas à trouver une si grande structure ! Avec mes préjugés d’occidental, j’imaginais autre chose, plus petit, beaucoup moins structuré. Pourtant, l’association emploi plus de 150 personnes, réparties entre le siège (~50 personnes) et les antennes situées sur le terrain.
Au passage, petit rappel sur ce qu’est l’activité du microcrédit. Dans tout pays, il y a toujours des personnes exclues du système bancaire. Faute de moyens, d’emploi et de revenus stables, de nombreux individus ne sont pas en capacité d’offrir aux banques les garanties suffisantes pour l’obtention d’un prêt. Or le crédit est bien souvent une nécessité, un préalable à toute activité économique. Ainsi, une association de microcrédit propose à des micro entrepreneurs (couturières, épiciers, brodeuses…) des prêts d’un faible montant, adaptés à leurs besoins et à leurs capacités de remboursement. Cela permet de développer et encourager ces activités génératrices de revenus. Au Maroc, l’AMSSF est la première association à s’être lancée dans ce domaine, en 1999, et est la 5e (sur une quinzaine) en terme de taille (derrière Al Amana, Zakoura, etc…). Voilà pour les grandes lignes. plus d'infos ICI
En attendant d’être reçu par la responsable Ressources Humaines, j’ai le temps de ressentir une grande convivialité entre employés. C’est bon signe. Lorsque Loubna Moubtassime (la responsable RH) me reçoit, je suis surpris par son âge : elle n’a que 28 ans. Elle me demande si je suis bien arrivé, s’inquiète de ma santé, puis me pose des questions concernant mes études et mes choix. « _Pourquoi as-tu choisi le microcrédit ? _Parce que je considère les associations dans ce domaine comme de véritables acteurs locaux, ayant une réelle influence (sur la vie des gens ou une économie locale), et qui ont un rôle social de plus en plus important… _C’est vrai nous avons un rôle social. Mais j’aimerais que lors de ton stage, tu ressentes un certain dilemme. Nous sommes une association à but non lucratif (càd qui ne fait pas de bénévolat, mais n’a pas pour but premier de dégager des bénéfices). Pour remplir notre côté social, il nous faut garantir le côté financier, économique, commercial. Il nous faut être pérenne pour survivre et satisfaire les bailleurs de fonds. » Elle me parle de motivation des effectifs, de définition d’objectifs, de gestion du personnel, d’organisation… nous sommes plus proche de l’entreprise que de la petite ONG d’assistance d’urgence !
Ensemble, Loubna et moi définissons un planning pour les trois mois à venir. J’effectuerai 4 semaines sur le terrain en milieu (péri-) urbain dans différentes antennes de Fès, puis 5 semaines dans des antennes rurales. Le mois qui reste me permettra d’observer les autres postes du département crédit. Par la suite, une fois que j’aurais acquis une bonne connaissance du fonctionnement de l’association, nous nous définirons une mission, un objectif à remplir, afin d’être plus « utile » à l’association.
En attendant mes visites sur le terrain, j’accompagne Omar et Meryam, deux autres stagiaires. Je ne leur suis pas d’une grande aide, mais j’obtiens en leur compagnie des informations sur le fonctionnement de l’Amssf. J’ai l’occasion aussi de réaliser que Loubna est une main de fer dans un gant de velours. La voix douce et de tempérament calme, elle sait clairement exprimer ses positions et/ou son mécontentement lorsque cela est nécessaire. La devise inscrite sur le tableau derrière elle la définie parfaitement : « De la bienveillance, pas de complaisance »…
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2 commentaires:
He ho !!
Moi aussi je lis ton Blog...
T'inquiète!
Vive la team JFVN ("je fais du velib la nuit!).
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